JIJ :Trois jeunes tchadiens qui se démarquent

JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE
12 août, jour de la commémoration de la journée internationale de la jeunesse. Je viens par ce présent post rendre un hommage à trois jeunes tchadiens qui ont fait la différence dans leur milieu de vie :

EDM
Ray’s Kim EDM, une plume aiguisée qui ne blesse que les anges de l’obscurité. Une plume qui cite les oubliés… Rappeur et slameur, il sort en 2010 son premier opus « Le Bilan ». Un album que je consomme jusqu’à là sans modération. En 2012 après une collaboration avec le géant de la musique tchadienne Mawndoé, très vite le jeune surdoué du rap tchadien se lance dans un vaste projet, celui de la recherche de l’identité de la musique tchadienne en général et du Rap en particulier. Projet réalisé aujourd’hui avec le soutien de la maison de production ‪#‎Rod_Prod_235‬. L’album ‪#‎Bunda_Phénomène‬ naît ! Le ‪#‎Bunda‬ est un parlé inventé par les jeunes marginaux de la société tchadienne, un langage codé et populaire. Au-delà d’un simple concept, le #Bunda de Ray’s Kim EDM est une interpellation à nos dirigeants. L’album parle de la mal gouvernance, du chômage, du mariage précoce. Ray’s Kim EDM avec lequel j’ai eu la chance de collaborer et côtoyé reste aujourd’hui l’un des rares artistes engagés au Tchad. 

Palmer

Nadjo Kaina Palmer. Comment rester insensible face à un régime comme le notre qui bafoue les droits les plus élémentaires de sa population ? ‪#‎Nadjo‬, lui se dit simplement fatigué. Cette fatigue n’est pas le fait de lever le drapeau blanc et traverser la mer, ni le désert pour d’autres cieux. Sa fatigue à lui n’est ni prendre des armes et rejoindre un quelconque groupe de rébellion. Sa fatigue à lui c’est de créer un mouvement de protestation non violent et non partisan. L’homme ne quitte pas l’arène :  ‪#‎Iyina‬, nous sommes fatigués ! Avec quelques étudiants tchadiens, le plus jeune leaders de la société civile s’est très vite fait remarquer à travers des initiatives de protestations du régime de Deby. Arrêté plusieurs fois, le jeune Nadjo n’abdique pas. A la veille de sa dernière arrestation, je travaillais avec Nadjo lorsque les appels de la police judiciaire se multipliaient sur son téléphone pour un mandat d’arrêt… Des menaces, il en fait l’objet tout le temps. Avec cette nouvelle aventure du mandat de Deby, Iyina ne lâchera pas brise non plus. Le mouvement #Iyina est ouvert à tous les jeunes qui veulent milités pour la bonne cause dans leur société.

Izaba

Izaba Darguele. Titulaire d’un master en finance au Bénin, le jeune patron natif de Abena, lance pendant qu’il était étudiant un projet de marque de vêtement dénommé ‪#‎NoMaDe‬. Une marque de vêtement made in chad. Le nom #NoMaDe est une revendication à la libre circulation en Afrique et partout dans le monde. Cette question de libre circulation des biens et des personnes fait en ce moment l’actualité, avec notamment le passeport africain. Pour Izaba, tous les hommes doivent êtres libres de circulations sur cette terre… Un concept très louable. Aujourd’hui, NoMaDe se porte un peu partout en Afrique. Pour ceux qui sont à Ndjaména, des tee-shirts, casquettes, chemises de la marque sont en vente à la Boutique American Shop, à Ardepjoubal.

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Dakar reçoit les jeunes leaders

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Mandela Institute for Developement Studies (MINDS) basé à Johannesburg en Afrique du Sud a choisi Dakar pour accueillir l’atelier régional de formation en éducation civique sur les élections et la gouvernance en Afrique les 19 et 20 avril 2016.

Le programme MINDS vise à renforcer la conscience, la connaissance et les compétences relatives aux processus électoraux et de gouvernance, le leadership et communication efficace en vue d’influencer et mobiliser la jeunesse pour participer activement dans les processus et autres initiatives communautaires et nationales de développement.

28 jeunes issus de différentes nationalités ont pris part à cet atelier, riche en échange et de partage d’expérience. Les participants sélectionnés à base de leur engagement citoyen ont des profils variés : des blogueurs, des activistes, des webactivistes, des leaders d’associations, des journalistes…

Dans son mot d’ouverture, le directeur de MINDS, Dr NKOSANA MOYO a fait comprendre aux jeunes leaders africains l’énergie dont ils disposent en eux afin de faire changer les choses dans leurs milieux de vie.

L’Afrique est un continent jeune. La jeunesse est donc pour ainsi dire une force pour cette Afrique qui peine à se relever face aux défis de démocratie, de la bonne gouvernance, des élections libres, justes et transparentes. Les élections libres, justes et transparentes sont le fondement de la démocratie.

C’est dernière année, avec l’avènement des TIC, il y a eu des avancées dans les processus électoraux certains pays grâce à la ferme implication des jeunes qui s’érigent en « veilleurs des urnes ».

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« Si l’Afrique ne marche pas, c’est à cause de vous les jeunes. Si les jeunes choissisent des mauvaises personnes pour les gouvernés, c’est de leur faute », disait le Dr Moyo. La jeunesse constitue 60% de la population africaine. Alors pourquoi laisser les politiques décider de l’avenir de la majorité ? C’est à la jeunesse, cette couche délaisser qu’il revient de droit de changer la donne.

Et pour changer les choses dans nos Etats, il faut être outillé, c’est-à-dire être informer afin d’être crédible pour être suffit par les autres jeunes. La moindre des choses à commencer à savoir, c’est de connaître à suffisance la constitution de nos Etats.

Au premier jour de cet atelier, nous avions discuté sur la de la démocratie, les élections avec les systèmes électoraux et la bonne gouvernance dans son ensemble. La démocratie telle que conçu dans nos Etats ne devrait pas être exercée lors du vote. Elle doit aller au-delà, c’est-à-dire basée sur une culture de valeurs et attitudes démocratiques. Ces valeurs doivent être quotidiennes.

Les élections, comme nous l’avions soulignés ci-haut, sont le fondement de la démocratie, malgré qu’elles soient intrinsèques à la démocratie. Elles peuvent pas à elles seules définir si un pays est démocratique ou pas. Certains pays peuvent organiser des élections régulières, mais l’environnement dans lequel les élections ont lieu peuvent ne pas être favorable pour encourager la liberté de choix et l’absence d’intimidation.

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En Afrique, le concept de la démocratie, de la bonne gouvernance il y a un grand fossé dans leur application. C’est pourquoi le leadership des jeunes doit prendre le dessus. Il y a des mouvements de protestations qui naissent partout en Afrique. Les jeunes doivent savoir ce à quoi ils protestent. S’engager de manière la plus non partisane que possible  afin de ne pas être récupérer par les politiques (le bâton et la carotte), s’il y en a qui aspirent à des carrières politiques, qu’à cela ne tienne, mais il ne faut surtout pas se voiler la face. L’intervention de Fadel Barro, coordonnateur du mouvement sénégalais Y’en a marre invité à l’occasion pour parler de son leadership nous a le plus édifié sur ce à quoi nous voulions nous engager, nous battre et des embûches qu’il faut s’y attendre. Pour lui, les jeunes africains doivent se serrer les coudes, considérer le problème des autres pays comme les leurs. Concernant le Tchad que nous  lui avions posé la question de sa situation, il se dit regretter que le régime Déby soit si répressif. Mais le changement est un processus à long terme qu’il faut toujours continuer le combat pour le changement.

                                                                                                                           à Dakar – Deuh’b Zyzou

La première que j’ai voté…

Après avoir emporté au second tour en 1996 face à Wadal Abdelkader Kamougué, Idriss Déby Itno, le président tchadien s’est imposé dès les premiers tours en 2001, 2006 et 2011 aux élections présidentielles. Faisant face à toutes les frustrations de son peuple, Déby gagnera les élections de 2016 ?

Le matin du 10 avril 2016, les rues étaient calmes dans toute la ville de N’Djamena. Magasins, marchés et les maquis aux abords des goudrons étaient fermés. Quittant le quartier Moursal vers Chagoua où je marchais à pied pour constater l’ampleur de cette élection, je fus surpris par une chose : la sortie massive des votants ! Des hommes et femmes en fil indienne devant les maisons des chefs de carré. Jamais une élection n’a suscité autant de passion au Tchad. Les temps ont vraiment changé.

Mon appareil photo en poche. Je me réserve le droit de faire des photos. Je passe quelques coups de fil aux amis qui surveillent le déroulement de ces élections dans d’autres quartiers pour me rassurer de l’évolution des choses, tous me rassurent de la tranquillité du déroulement. Pas d’incident majeur !

En 2005, Idriss Deby Itno, en bon stratège, a fait sauter le verrou de la modification de la constitution, qui lui permet aujourd’hui de se représenter  à l’élection présidentielle du 10 avril 2016.  Le vin est tiré, il faut donc le boire.

Le service de messagerie téléphonique fut coupé ce jour-là, ainsi que la connexion internet. Les appels quant à eux sont presque brouillés. Impossible pour nous qui, avec quelques amis avions voulu partager les tendances du vote sur internet…

Venu au pouvoir par les armes il y a 26 ans, puis organise des élections très peu ou pas du tout transparentes, Idriss Déby Itno sera-t-il prêt à organiser une élection et la perdre ? Des revendications très fermes sur  l’ensemble du territoire envers le président sortant depuis début 2015 pourront renverser la situation du Tchad ?  En 1990, Idriss Déby Itno lui-même promet aux tchadiens la démocratie ! Or les élections libres et transparentes sont le fondement de cette démocratie-là. Et pour ça, le Tchad en est un mauvais élève en la matière.

 

Le 10 avril est un jour spécial pour moi : j’ai voté pour la première fois de ma vie !

Cette élection,  je l’ai attendu. En  indigné de cette république qui ne me donne pas toutes les chances de rêver, j’ai eu cette chance-là, naturellement, celle de donner ma voix. Et je l’ai saisie !

Faisant la queue, je ne savais pas vraiment qui voté, mais je savais au moins qui je ne dois pas voter. Oui, j’ai voté l’alternance ! Peu importe la machine de tripatouillage mise en marche, j’ai au moins accompli un devoir sacré. Je me suis ensuite amusé à poser des questions aux quelques personnes que je croise en demandant « Qui est-ce que vous aviez voté ? »… les réponses sont étonnantes ! La confirmation des résultats de cette élection décisive, c’est ce 25 avril 2016.

Coups de cœur de la semaine sur facebook

Coups de cœur de la semaine sur facebook

La mauvaise gouvernance du régime n’est plus à démontrer aujourd’hui. Du plus jeune au plus vieux tchadien, le peuple veut passer à quelqu’un d’autre, même à un « démon que l’on ne connait pas. »

Si, alternance il y a en 2016 après l’échéance électorale au Tchad, c’est sera une victoire de la société civile et de la « classe moyenne » et non des POLITIQUES. Ces derniers n’ayant plus une stratégie convaincante pour renverser Deby. L’un des « bienfaits » du régime de Deby est qu’il nous donne la « chance » de lui « parler ».

Cette semaine, je partage avec vous deux post de mes compatriotes indignés, qui ont prit leurs plûmes pour écrire au candidat de l’union africaine à la prochaine élection présidentielle au Tchad : Idriss Deby Itno. Et une mention spéciale de la semaine passée sur l’alternance démocratique au Tchad… Jugez-les !

1) Hanifa Ali Attachadia

Hanifa Ali fait partie des rares femmes à appartenir au cercle fermé des activistes des causes des sans voix sur les réseaux sociaux au Tchad. Très active les années précédentes, moins en oins en moins connectées ces derniers temps, mais chaque fois où elle post son opinion sur des questions liée à la mauvaise gouvernance au Tchad, son avis fait plus que l’humanité. Cette semaine, elle écrit au Président sur la répression policière :

« IDRISS.DEBY
Dites à votre police d’arrêter l’humiliation des manifestants. Dites à ceux qui dirigent la police nationale de lire le préambule de notre Constitution ou s’ils ne savent pas lire, nommez des dirigeants qui en savent.

Dans la logique, il faut une autorisation préalable avant toute manifestation. Dans la pratique, aucune autorisation n’est accordée si la demande ne concerne pas une marche de soutien au MPS. Que faire dans ce cas ? Croiser les bras et subir ? Non !
Vous semblez avoir une mémoire de poisson rouge, mais tâchez tout de même de vous souvenir d’un passé encore proche.
Rappelez-vous de Mobutu, non pas général mais carrément maréchal, qui brutalisait son peuple en usant des violences inhumaines, mais rattrapé par l’évidence en fuyant son pays et en mourant très loin de chez lui.
Rappelez-vous de votre ami Gaddafi. Se croyant au-dessus de tous, torturant ses opposants, humiliants les femmes en prison, se qualifiant roi des rois mais rattrapé lui aussi par l’évidence. Bien tabassé par ceux qu’il prenait pour des rats, il meurt dans des conditions indignes au point où quelques mètres de terre pour son enterrement étaient à peine trouvables.
Souvenez-vous de Blaise Compaoré votre cher ami. Après avoir écarté Sankara (comme vous l’aviez fait avec HH), se trouve actuellement prisonnier de sa propre malveillance.
Idriss Deby, rappelez-vous de MANDELA, SANKARA, LUMUMBA…des dirigeants exemplaires se comportant humainement avec leur peuple faisant de ses soucis les leurs et œuvrant non pas en accordant des privilèges à leurs proches mais en exerçant leurs fonctions dignement. Après leur mort, ce n’est plus leur peuple seul qui se souvient d’eux mais toute l’Afrique, tout le monde. Lutter corps et âmes pour tous, pour le bien des pauvres tout en exigeant une justice devant laquelle pauvre et riche, fort et faible se sentiraient égaux mérite bien de se rappeler de ces personnalités.

Sachez enfin président Deby que votre pouvoir est éphémère mais le peuple tchadien lui, il est toujours présent. Dites à la police de cesser la violence à chaque manifestation et faites en sorte que vos promesses sur la démocratie lors de votre arrivée ne soient pas fausses. »

2) Ndakmissou Gédéon

Gédéon faisait partie des militants du MPS, parti au pouvoir. Il avait cru, comme beaucoup de tchadiens d’ailleurs au président Deby. Voté pour Deby. Au fil de temps, la situation du Tchad ne fait que s’empirer. Pourquoi rester insensible face à la mauvaise gestion du Tchad ? Ndakmissou Gédéon, pas en donneur de leçon, mais en citoyen qui veut voir son pays aller de l’avant donne un conseil au Président Deby :

« Monsieur le Président, n’acceptez pas un nouveau mandat.

Il y a de cela 5ans alors que j’étais encore étudiant sans bourse, je mettais la main en poches pour financer la campagne Présidentielle du Candidat que vous êtes. Je l’ai fait au Regard du Projet que vous avez présenté et en son temps bien défendu par Mahatma Hissene pendant la campagne.  Le jour de votre investiture vous nous avez demandé d’oser. Nous avons osé et continuons à oser.
Oser aujourd’hui Monsieur le Président, c’est aussi faire le bilan de ce Mandat, dont je me sens en partie Responsable, puisque j’ai voté pour vous.
Le bilan il est le suivant :

Tous les voleurs de la République sont en liberté, mieux promus à de hautes fonctions;
Le Projets de la campagne ne sont pas réalisé. Je ne reviendrai pas sur les détails, vous le savez.
Les inégalités sociales ont augmenté, le népotisme est érigé en principe dans les prises de décisions de vos différents Gouvernements.
Un culte de la médiocrité s’est créé au fil du temps dans les sévices publics.
Votre famille a pris en otage les Richesses du Pays, et n’a fait qu’aggraver les inégalités.
Malgré les ressources pétrolières, vos gouvernements dans une gestion ayant comme principe le détournement, ont plongé le pays dans une crise économique.

De tout ce qui précède, Monsieur le Président, je vous prie d’admettre avec moi que le pays est devenu plus complexe et que vos méthodes ne semblent pas marcher.
Tous ceux qui vous veulent candidat le veulent pour protéger leurs intérêts. Ce sont soit des détourneurs, des commerçants véreux qui ne payent pas les impôts, ou des gens sans qualification qui se font une place sous votre ombre, quelque soit le prix.
Par conséquent je vous exhorte à renoncer à une nouveau Mandat, ce sera aussi de l’audace.
»

3) Fils de Maïna, avec sa page facebook « Alternance 2016 » avait  lancé la semaine dernière un sondage pour une alternance démocratique au Tchad. Bien que le sondage en question ne comporte pas tous les candidats à la course au pouvoir, mais il comporte néanmoins les ténors de la scène politique tchadienne. Les internautes se sont prononcés sur quelques questions posées. Et si on en reste là, mathématiquement, Idriss Deby Itno, ne sera plus à la tête du Tchad en 2016. 91,9% sont contre le pouvoir sombre en place…

Interrogé « inbox » sur le but de ce sondage, Fils de Maïna me faire savoir que le but est de : « Faire comprendre aux gens que si l’on utilise les mêmes moyens que Deby, il n’a aucune chance ».

 

Presidentielle 2016
Capture d’écran du sondage de Fils de Maïna

Une image : une bonne raison de choisir l’alternance en 2016

Une image : une bonne raison de choisir l’alternance en 2016

Les élections présidentielles s’approchent à grand pas et les esprits se chauffent. Contrairement à nos frères de la RDC qui, en ce moment se mobilisent contre Joseph Kabila afin de ne pas aller aux élections présidentielles, chez nous, Idriss Deby Itno, en bon stratège a réussi à sceller le sort des tchadiens. Les boycotts des deux dernières élections présidentielles par l’opposition n’ont rien changé. L’opposition armée (d’ailleurs celle là ne plait non plus aux tchadiens) n’a pas été non plus à la hauteur. Alors que faire ? Aller aux élections !  La meilleure arme pour toute alternance démocratique est le pouvoir des urnes. Le Tchad, bien que mauvais élève en matière de transparence, je pense que les tchadiens n’ont plus le choix que d’aller aux élections. A la question de qui voter ? Ma réponse est simple : « je ne sais pas encore, mais pas Idriss Déby Itno ».

Je me suis rendu compte une fois de plus de l’envie ardente des tchadiens (généralement jeunes) de vouloir changer le « Berger » en place par un autre « Bon Berger ».

Et pendant que les esprits se chauffent et s’agitent à N’Djamena et le reste du Tchad dans ses lots de problèmes, le président se retire dans son Amdjarass natal, où se baignant avec ses invités dans des millions de nos francs CFA lors d’une festivité.

Des images qui choquent circulent déjà sur les réseaux sociaux. Une bonne raison de plus de choisir l’alternance !

Les meilleurs post de la semaine sur facebook

Les meilleurs post de la semaine sur facebook

Toute cette semaine, plusieurs publications de mes compatriotes m’ont donné de frissons et en même temps de l’énergie.

Frissons, parce que je réalise tout au long de cette semaine qu’au Tchad, il peut bien se « passer » de choses, parce qu’il y a des esprits. Bien qu’embryonnaires, certaines idées peuvent prendre formes et impactées la société tchadienne qui vit une vraie « défonce » socio-économique en ce moment…

Quelques publications sur facebook de mes compatriotes que « J’aime » méritent d’être immortaliser. Tellement réalistes, tellement bien écrites, tellement engagées elles méritent que l’on en reparle, encore et encore afin qu’elles prennent forme.

L’énergie, parce que cela se voit dans la détermination des jeunes dans les rues au Tchad. Éternels passifs, les jeunes tchadiens semblent sortir la tête de l’eau (c’est en commençant petit à petit qu’on peut faire des choses). J’ai assisté il y a quelques jours à un rassemblement des jeunes pour une manifestation contre le gouvernement sur la « loi de la honte » concernant la suspension des diplômés à l’intégration à la fonction publique… Energie, parce que personnellement je vois dans ces publications et le fait que partout où je passe les autres en parlent prouvent à suffisance que ce que ces personnes ont écrit restent dans la tête de leurs lecteurs. Preuve qu’ils n’ont pas prêcher dans le désert…

Energie, parce que facebook est notre tribune d’expression, un véritable fléau pour nos dirigeants, qui nous lisent d’ailleurs, mais le plus souvent secrètement…

Cette semaine, je vous invite à relire avec moi trois meilleurs post sur facebook que « j’aime ». Et une mention spéciale pour un post sur l’élection Miss Tchad qui a duré déjà quelques semaines… Jugez-en…

1) Jean-Bosco Manga, au Tchad, sur les réseaux sociaux, Manga est le plus suivi. Juriste et écrivain, il utilise des mots justes pour séduire son univers numérique. Très engagé dans le domaine des droits humains au Tchad, il fait parti de ces jeunes intellectuels qui « dérangent », sur son post de la semaine qui attire mon attention, il a dit tout :

« Les raisons de mon engagement risqué, si risque il y a :
JE SUIS FORMÉ PAR L’ETAT POUR SERVIR LA RÉPUBLIQUE ET LE PEUPLE AUSSI…

Au Tchad, quand tu prends un peu le risque de t’exprimer librement sur les affaires de ton propre pays et de dire ce que tu ressens comme un être humain sain de corps et d’esprit, on commence à s’interroger sur qui est derrière toi et l’ANS, l’Agence Nationale de Sécurité commence à te filer partout pour contrôler tes fréquentations, mettre ton téléphone sur écoute pour savoir avec qui tu échanges à l’intérieur comme à l’extérieur du pays… Mon Dieu! Comment vous pouvez toujours penser qu’un être humain normal, sain de corps et d’esprit, sensible, lorsqu’il ressent une douleur, c’est quelqu’un qui viendra lui dire de gémir parce qu’il sens mal et que lui n’est pas capable de l’exprimer. Si c’est quelqu’un qui me pousse à écrire et publier dans les journaux et sur les réseaux sociaux pour critiquer et donner mon point de vue sur la gouvernance de mon pays comme vous l’imaginer, c’est aussi ce « quelqu’un » là qui se prive de sommeil et de loisir pour m’aider à écrire mes nombreux ouvrages publiés?

Si vous voulez savoir pourquoi je m’inscrit dans cette logique combattante, à la limite suicidaire comme certains le pensent à tort ou à raison, c’est parce que je suis entièrement formé avec l’argent du contribuable tchadien et je dois être au service de cette Nation. Avec le système de l’APE, Association des Parents d’Eleves, mes parents ont payé juste 3000 FCFA pour tout le cycle primaire, à raison de 500 FCFA l’année scolaire à l’Ecole Officiel de l’IRCT de Bebedjia, 1500 FCFA par année scolaire de la 6e en 4e au CEG de Bebedjia, 3500 FCFA de la 3e en Terminal au Lycée Joseph Brahim Seid de Pala et 17.000 FCFA pour m’inscrire en Première année de Droit et Technique Juridique de l’Université de N’Djamena. Le reste, j’ai bénéficié de la bourse de l’État pour étudier jusqu’à l’obtention de la Maîtrise en Droit Privé à la Faculté d’Ardep-djoumal. Je n’ai pas eu le privilège de fréquenter une école privée ni d’étudier à l’étranger mais je suis fier de ma modeste formation dans les institutions publiques de l’Education de mon pays. L’Etat doit peut-être se plaindre et s’en prendre à lui-même, d’avoir forgé une arme redoutable contre lui, en contribuant à me former pour avoir les yeux ouverts.

Et une telle faveur, pour l’enfant du pauvre que je suis, de la part de l’État, à travers les contribuables, pour gagner mon pain à la sueur de mon front et payer l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physique (IRPP) à l’Etat, que puis-je donner en retour de mieux que de m’offrir en holocauste avec cette formation que j’ai reçue gracieusement pour défendre ses nobles valeurs républicaines mises volontairement en péril par les agissements d’un régime précaire, avec des hommes qui passeront. C’est pour vous dire que je ne suis mercenaire de personne, d’aucun parti politique mais le citoyen qui défend l’État, la République contre ses ennemis qui se trouvent être ses propres filles et fils et qui ont transformé le patrimoine commun de tous les tchadiens (le Tchad) en un butin de guerre où ils s’activent gloutonnement, chaque jour que Dieu fait, à le dépecer jusqu’aux os, avant de partir. Et ils me demandent de me taire parce que c’est eux qui, depuis 25 ans, m’auraient apporté « ni or, ni argent mais la liberté ». Maintenant qu’ils ont usé et abusé de l’or et de l’argent de notre territoire commun, le territoire de plus de 12 millions d’âmes, comme promis, ils tentent encore de m’arracher ma LIBERTÉ, semble-t-il, octroyée au prix de leurs vies. Je m’en moque éperdument! En attendant que vous me montriez le pays qui m’appartient et appartient aux autres « sous-tchadiens » comme moi, je continue et continuerai sans gène et allègrement à RÉSISTER avec la dernière énergie, par devoir de citoyen que je suis. Et c’est si limpide à comprendre que lorsque l’injustice est érigée en loi dans un pays, la résistance devient un impérieux devoir citoyen.

Mon parti politique c’est le Tchad, c’est pourquoi je me mêle souvent et à chaque fois de la politique qui est l’art de gérer la cité et m’oppose catégoriquement à votre politique politicienne qui m’asphyxie et étouffe le bas peuple qui est le clan, l’ethnie et la communauté auxquels j’appartiens. C’est pourquoi je ne transige pas sur mes modestes mais nobles convictions. Ne cherchez pas ailleurs pour comprendre ma logique suicidaire et jusqu’au-boutiste… Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende, des yeux pour lire, lise entre les lignes, du bon sens pour comprendre, comprenne et la bouche pour le colportage, transmette à qui de droit! »

2) Joret Biaka Tedang, avec son propre style, lance un concours de slogan pour une campagne contre le MPS (Mouvement Patriotique du Salut), le parti au pouvoir. Je suis Joret depuis seulement quelque jours sur facebook, mais déjà, il m’inspire :

« PEUPLE TCHADIEN CHERCHE SLOGAN POUR SA CAMPAGNE CONTRE LE MPS
A diffuser largement
Avis de concours du meilleur slogan pour la campagne présidentielle devant opposer le peuple contre le candidat demi-dieu du parti MPS.

Considérant qu’une masse non moins importante de la population est atteinte du syndrome de Stockolm ;

Considérant que certains tchadiens sont plongés dans un pessimisme entrainé par les tripatouillages de toutes sortes ayant eu cours pendant les élections précédentes ;

Considérant que les ténors du pouvoir s’accrochent quand même fortement à leurs avantages, malgré leurs aveux d’impuissance publiquement exprimés et ceci face aux défis que sont, entre autres, les détournements de deniers publics, la cherté de la vie, l’injustice ;

Nous, peuple tchadien, lançons cet avis de pré-sélections de trois meilleurs slogans pour convaincre tou(te)s les sœurs et frères tchadien(ne)s de rejoindre le rang de ceux qui sont pour l’alternance démocratique en 2016.

Les lauréats de ce concours du meilleur slogan auront un contrat de travail de conseiller à la communication à la Présidence de la République, auprès de la Primature, au bureau de l’AN, à la Cour des Comptes pour une durée de 5 ans.

Le cas échéant, le prix pourra être négocié de gré–à-gré avec les lauréats.
Les candidats pourront proposer leur propre slogan ou choisir/affiner parmi les propositions liminaires suivantes :
– Y EN A MARRE DE CE REGIME !
– 25 ANS C’EST BON, REPOSES-TOI DEMI DIEU !
– PLUS JAMAIS DE CAS SALAY !
– LE CHANGEMENT, C’EST MAINTENANT !
– LE CHAOS EST ENCORE A NOS PORTES, REVEILLONS-NOUS!
– ON VEUT DECHARGER DEMI DIEU DE SA «MISSION DIVINE» !
– NOUS NE VOULONS NI OR, NI ARGENT, MAIS RIEN QU’UNE ALTERNANCE DEMOCRATIQUE
– VOTRE ARGENT, VOS SAVONS ET VOTRE SUCRE DE 2 JOURS LA, ON PREND MAIS ON NE VOUS VOTERA PAS
– DEMI DIEU, LE TCHAD C’EST POUR DES HUMAINS
– 25 ANS C’EST BON, LAISSE-NOUS ESSAYER AUSSI »

3) Fils de Maïna, pour moi, il est le plus engagé de tous les jeunes tchadiens. Souvent controversé, souvent incompris parce que lui, ne caresse personne au sens des poils. Il dit tout haut, tout vrai. Il n’hésite aucunement à citer ses contemporains quand il le faut. Bien que loin de sa terre natale, Maïna commente en temps réel tout ce qui se passe au Tchad, plus informé que certains tchadiens qui résident au Tchad. Ses vidéos connaissent également un vrai succès sur la toile. Il est l’un des plus grands ennemi du régime en place. Cette semaine, Maïna lève le voile sur les artistes et les sportifs qui jouent un rôle complice face à la situation des sans voix au Tchad :

« ARTISTES, SPORTIFS ACTEURS DU CHANGEMENT.

S’il y a des corporations qui doivent se soulever et se rebeller contre le régime moribond de N’djamena avec à sa tête Idriss Deby et son clan depuis 25 ans au pouvoir, ça devrait être les artistes et sportifs Tchadiens laissés pour compte.

Ils sont les oubliés de ce régime qui en 25 ans n’a développé aucune politique de promotion des talents artistiques et sportifs.
Si le Tchad dispose de quelques rares infrastructures sportives, il faut relever qu’en dehors du stade Idriss Mahamat Ouya qui ne doit pas contenir plus de 40.000 personnes, il n’a été rien d’autre développé répondant aux normes sportives. Il n’y a aucun terrain de Basket Ball ni de handball proprement dit.

Sur le plan artistique et musical, il n’y a aucune structure dédiée pour accueillir des spectacles artistiques de plus de 5.000 personnes en dehors du stade cité ci-haut.

Pourquoi les artistes et sportifs sont-ils aussi passifs quant à ce qui est de leurs droits d’exercer? Ils ont été réunis au sein d’un même département ministériel qui ne manque pas pourtant de moyens financiers si l’on s’en tient aux différentes taxes prélevées pour la promotion et la valorisations de ces secteurs qui sont les seuls à fédérer le peuple.

Dans plusieurs pays, les artistes se sont fait, par plusieurs fois, démarquer en montant souvent sur les créneaux politiques et s’exprimant vigoureusement. Beaucoup d’exemples sont à citer en commençant par les Etats Unis ou les artistes ont largement contribué à l’élection de Barack Obama en 2008. Le cas aussi de l’élection de François Hollande quand les artistes ont clairement appelé à voter contre Nicolas Sarkozy et surtout les dernières élections régionales qui a vu la sortie médiatique de plusieurs mouvements des artistes et sportifs appelant les Français à sortir massivement voter et surtout à ne pas voter le Front National (FN).

En Afrique, il y a aussi beaucoup d’exemples telque Myriam Makeba, Yvonne Chaka chaka, Lucky Dube en Afrique du Sud, Alpha Blondy, Tiken Jah Fakoly, Serge kassy et tant d’autre en Cote d’Ivoire. Au Sénégal, nous pouvons citer entre autre Didier Awadi, Youssou Ndour qui même a été candidat aux élections Présidentielles face à Macky Sall dont il est devenu ministre puis Conseiller en ce moment.

Le cas le plus remarquable est celui des artistes Burkinabés qui ont été les grands acteurs de la chute du régime de Blaise Campaoré. On peut citer entre autre Smockey Bambara et l’artiste Sams’K qui viennent d’être d’ailleurs décoré. Aujourd’hui, grâce à leur courage et détermination, ces artistes sont invités dans plusieurs pays et Universités Européennes dont personnellement j’ai eu l’occasion de tenir des conférences avec eux. Ils sont juste remarquables.

La passivité est certes bonnes dans certains cas mais pour vos propres droits, il ne faut point attendre que ce soit les autres qui viennent se battre pour vous. Il faut savoir monter au créneaux et montrer que l’artiste peut être une arme. Etre artiste c’est d’abord être un éveilleur de conscience et non un GOMBISTE.

La plupart des artistes Tchadiens sont loin de la chose politique pour ne pas dire l’ensemble. Certains font parfois des clins d’oeil au régime en le titillant dans leurs chansons mais ne vont jamais plus loin que ça.

Ils sont toujours absents des débats et discussions politiques (sauf peut être dans les maquis) de N’djamena ou les salons en Europe ou au Canada. Dès qu’ils sont identifiés sur les sujets politiques que nous autres publions, ils se dépêchent d’enlever l’identification pour ne pas se faire remarquer et protéger leur gombo qui parfois ne tombe pas plus de 2 fois par an.

Certains parmi eux ont eu l’occasion de représenter le Tchad à l’extérieur mais dès qu’ils ont été loin du pays, ils ont préféré s’exiler et une fois les papiers en poche, le pays ou la lutte est oubliée. Ceux qui sont en Europe, je ne les ai jamais vu dans les manifestations pour dénoncer le régime contre lequel ils sont en exile.

Nous sommes en 2016, chacun doit savoir ce qu’il fait et surtout apprendre à comprendre son rôle afin d’imposer le respect que l’on lui doit. Artistes, sportifs, vous êtes la couleur du pays et vous avez le micro en main. Utilisez-le pas pour le peuple seulement mais d’abord pour vous car vous êtes la voix des sans voix.

PEACE AND LOVE.  Ibangolo Maina »

 4) Moltong Josué Lagardy, alias Stanley, activiste lui aussi. Je lui donne une mention spéciale, parce que sa publication date déjà de quelques semaines, mais pour moi, c’était un coup de cœur, l’une des meilleures publications de l’année 2015, avec des centaines de commentaires et des « j’aime ». … très intéressant :

«  Affaire de Miss Tchad!!! Tchourrrrrrr. On ne peut plus respirer? Ça devient un peu comme la politique tchadienne basée sur l’ethnocentrisme, le tribalisme, le régionalisme… Que sais-je encore??? Tout le monde veut gagner; sachant qu’il ya une seule couronne. Je me souviens il n’ya pas encore 2 mois ou nos vaillants SAO Football ne pouvaient à peine se rendre en Egypte pour jouer un match qui donnait espoir à tout une jeunesse faute de moyens.

-Où était Airtel Tchad avec ses posters géants et sommes colossales dépensées pour entrainer de filles illettrées «Miss» qui font toujours la honte à la Télé?
-Où étaient tous ces hommes d’affaires aux trois pièces qui remplissaient la salle hier?
-Les politiciens aux grosses cylindrées qui débordaient le parking du « Palais de 15 »; où étaient-ils passés quand nos footballeurs allaient chercher leur déjeuner aux quartiers?

Que représente Miss-Tchad pour ma cousine qui ne connait même ses droits au fond du village???
Arrêtez de jouer avec l’argent des contribuables! La Miss-Tchad que je connais s’appelle PAUVRÉTÉ… Trés populaire sur le territoire +235, elle n’épargne personne dans son programme. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest tous connaissons PAUVRÉTÉ, pas besoin de télé pour la reconnaître. Alors vous voulez changer le pays??? Changez où vous investissez!!! MISS TCHAD NE SAUVERA PAS LE TCHAD!!!!
Ma vision des choses. »

 

 

Je suis africain et j’aime la CPI

Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que les Chefs d’Etat africains
sont les êtres les plus abominables au monde. C’est pourquoi je ne partage pas l’idée selon laquelle les africains (victimes) disent haut et fort que la Cours Pénale Internationale (CPI) s’acharne sur les présidents africains (bourreaux). Nombres des africains montent en créneau pour critiquer l’Occident d’être le gendarme du monde. Pourquoi accepter les observateurs occidentaux lors de nos élections ?
Pourquoi accepter les financements de nos élections par la communauté internationale si nous ne voulons
pas d’eux et ou si nous ne voulons pas de leur point de vue ? Pourquoi vouloir une chose et son contraire ?
Qu’avons-nous fait pour qu’il y ait une justice équitable dans nos Etats ? Rien ! Partout en Afrique les grands bandits et voleurs de la république ne sont
jamais inquiétés. Qu’avons-nous fait pour lutter contre l’impunité ? Rien ! Nos dictateurs africains, soient meurent au pouvoir ou ont un après pouvoir d’orée. Ils passent toujours entre les mailles des filés de la justice.
Les peuples d’Afrique souffrent de la mauvaise gouvernance de leurs présidents.
Nos présidents règnent en main de fer sur nos Etats, le plus souvent sans partage.
Nos pays sont à genoux, la corruption et le chômage des jeunes sont au zénith. La liberté d’expression n’existe pas dans beaucoup de pays. Des génocides, des guerres. Chaque année le nombre des journalistes incarcérés pour avoir d’énoncer la mal gouvernance et la mauvaise gestion du pays accroit.
Nous, africains, aimons nos dictateurs qui nous privent de l’eau potable. Nous aimons nos dictateurs qui nous privent de l’électricité. Nous aimons nos dictateurs qui nous empêchent l’accès à une éducation de qualité.
Nous aimons nos dictateurs qui nous privent du pain pour notre survie. Nous aimons nos dictateurs qui nous mettent en prison, nous torturent. Nous les
aimons tellement que nous trouvions normal quand ils nous tirent dessus dans les rues à balle réelle.
Nous aimons nos dictateurs quand les opposants sont porté disparus.
Nous, africains, aimons tellement El-Béchir qu’au lieu de l’appeler «génocidaire» pour son crime au Darfour, on préfère l’appeler « un homme fort » qui tient la tête à l’Occident.
Pourquoi faire semblant comme si ce qui se passe au Burundi nous choque ? Un Président, jeune encore, massacre sa population tous les jours pour la
course au pouvoir. Beaucoup d’africains ferment l’œil sur ce qui se passe dans ce pays, mais demain,
lorsque la CPI prendra en main le dossier Pierre NKURUNZIZA, nous crieront « Quel acharnement sur nos présidents africains ? »
Nous aimons Pierre NKURUNZIZA et nous aimons la manière dont plusieurs burundais meurent tous les jours en ce moment.
Si l’extradition de el Béchir avait réussit en juin dernier vers la CPI, et bien ça aurait été un avertissement pour les autres présidents africains. D’une part les Etats Africains signent beaucoup de
traités internationaux (dont les statuts de la CPI) peut-être sans penser aux conséquences. Je ne nie pas le fait que la CPI ne s’occupe pas des bavures des
Présidents occidentaux aux yeux de l’humanité, mais j’aurai aimé que l’extradition d’El-Béchir vers la CPI
réussisse et le reste des dictateurs encore accrochés au pouvoir, ça servira de leçon aux autres présidents africains d’arrêter de tirer sur leur peuple. Parce que moi, je ne souffre pas du syndrome de Stockholm !

Posté par Deuh’b Zyzou